{"id":4730,"date":"2023-11-14T17:10:09","date_gmt":"2023-11-14T16:10:09","guid":{"rendered":"https:\/\/cime-innovation-management-expertise.com\/?p=4730"},"modified":"2023-11-14T17:18:11","modified_gmt":"2023-11-14T16:18:11","slug":"managers-et-si-vous-redecouvriez-lart-de-la-debrouille","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cime-innovation-management-expertise.com\/en\/managers-et-si-vous-redecouvriez-lart-de-la-debrouille\/","title":{"rendered":"Managers, et si vous red\u00e9couvriez l\u2019art de la d\u00e9brouille ?"},"content":{"rendered":"<p>Cet article de Thomas Simon, Assistant Professor, Montpellier Business School est republi\u00e9 \u00e0 partir de <a href=\"https:\/\/theconversation.com\">The Conversation<\/a> sous licence Creative Commons. Lire l\u2019<a href=\"https:\/\/theconversation.com\/managers-et-si-vous-redecouvriez-lart-de-la-debrouille-217242\">article original<\/a>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>En 2017, le journaliste <a href=\"https:\/\/www.franceculture.fr\/personne-jean-laurent-cassely\">Jean-Laurent Cassely<\/a> a fait para\u00eetre un ouvrage intitul\u00e9 <a href=\"https:\/\/www.arkhe-editions.com\/livre\/cassely-revolte-premier-classe\/\"><em>La r\u00e9volte des premiers de la classe<\/em><\/a>. Il y d\u00e9peint un ph\u00e9nom\u00e8ne grandissant, celui de la fuite des jeunes \u00e9lites vis-\u00e0-vis des \u00ab\u00a0jobs \u00e0 la con\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/www.editionslesliensquiliberent.fr\/livre-Bullshit_Jobs-546-1-1-0-1.html\"><em>bullshit jobs<\/em><\/a>\u00a0\u00bb qui fleurissent dans les organisations. Ce sont des emplois qui paraissent d\u2019autant plus inutiles et d\u00e9risoires qu\u2019ils sont associ\u00e9s \u00e0 une bonne r\u00e9mun\u00e9ration.<\/p>\n<p>\u00c0 cela s\u2019ajoutent des ordres contradictoires dict\u00e9s par des <a href=\"https:\/\/theconversation.com\/topics\/management-20496\">managers<\/a> qui ressemblent parfois \u00e0 s\u2019y m\u00e9prendre au p\u00e8re Ubu, le personnage d\u2019<a href=\"https:\/\/www.gallimard.fr\/Footer\/Ressources\/Entretiens-et-documents\/Plus-sur-l-auteur\/En-savoir-plus-sur-Alfred-Jarry\/(source)\/184047\">Alfred Jarry<\/a> connu pour son despotisme malhabile et sa forfanterie outranci\u00e8re. Face \u00e0 une hypermodernit\u00e9 froide et \u00e0 un management en panne, les jeunes dipl\u00f4m\u00e9s apparaissent bien souvent d\u00e9\u00e7us, d\u00e9sillusionn\u00e9s, voire d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s.<\/p>\n<p>Sur ce point, la professeure <a href=\"https:\/\/www.esc-clermont.fr\/professeur\/brigitte-nivet\/\">Brigitte Nivet<\/a> parle dans un <a href=\"https:\/\/www.la-fabrique.fr\/fr\/publication\/le-travail-en-mouvement\/\">ouvrage r\u00e9cent<\/a> d\u2019un \u00ab\u00a0malaise dans le management\u00a0\u00bb. Pour elle, nul doute que cet <a href=\"https:\/\/www.dunod.com\/entreprise-et-economie\/art-diriger\">\u00ab\u00a0art de diriger\u00a0\u00bb<\/a> conna\u00eet une crise sans pr\u00e9c\u00e9dent. Elle constate notamment que les <a href=\"https:\/\/theconversation.com\/topics\/jeunes-diplomes-62720\">jeunes dipl\u00f4m\u00e9s<\/a> n\u2019aspirent plus du tout \u00e0 la fonction de manager.<\/p>\n<figure><iframe src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/QLkdg_f8yDg?wmode=transparent&amp;start=0\" width=\"440\" height=\"260\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/figure>\n<p>Parmi les raisons invoqu\u00e9es, l\u2019enseignante-chercheuse \u00e0 l\u2019ESC Clermont revient sur trois mod\u00e8les de management qui sont encore enseign\u00e9s et utilis\u00e9s\u00a0: celui du gestionnaire scrupuleux issu de la tradition de l\u2019organisation scientifique du travail, celui du leader, avec le mythe de l\u2019homme providentiel, et celui de l\u2019accompagnateur, du facilitateur et du soutien. Ces trois mod\u00e8les sont plus ou moins en crise et suscitent la confusion parmi les jeunes dipl\u00f4m\u00e9s. D\u00e8s lors, le paradoxe relev\u00e9 par Brigitte Nivet devient saisissant\u00a0: de nombreux jeunes dipl\u00f4m\u00e9s d\u2019\u00e9cole de management, qui sont pr\u00e9par\u00e9s \u00e0 devenir managers, ne veulent plus manager.<\/p>\n<h2>Doute, \u00e9coute et d\u00e9lib\u00e9ration<\/h2>\n<p>La plupart des ouvrages de management d\u00e9crivent les managers comme des sortes de superh\u00e9ros, capables de r\u00e9soudre tous les probl\u00e8mes, de r\u00e9pondre \u00e0 toutes les difficult\u00e9s par la mise en place imm\u00e9diate de pratiques adapt\u00e9es. Or, ces modes de gestion omnipotents ont fini par \u00e9craser voire nier la singularit\u00e9 des salari\u00e9s en leur imposant une r\u00e9ponse univoque, une m\u00e9thode unique, un <a href=\"https:\/\/mitpress.mit.edu\/books\/one-best-way\">\u00ab\u00a0one best way\u00a0\u00bb<\/a> pour reprendre un syntagme taylorien.<\/p>\n<p>\u00c0 rebours de ce management tout puissant, <a href=\"https:\/\/escp.eu\/deslandes-ghislain\">Ghislain Deslandes<\/a>, professeur \u00e0 ESCP Business School, souhaite l\u2019av\u00e8nement de ce qu\u2019il appelle un \u00ab\u00a0<a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-rue-descartes-2017-1-page-1.htm\">management faible<\/a>\u00a0\u00bb. Celui-ci se veut \u00e0 la fois moins s\u00fbr de son fait, moins assertif, moins hi\u00e9rarchique, moins d\u00e9finitif, moins prometteur aussi. Il s\u2019agirait alors de dessiner les contours de modes de gestion plus ind\u00e9termin\u00e9s, plus ouverts et donc plus \u00e0 l\u2019\u00e9coute des signaux faibles. Doute, \u00e9coute et d\u00e9lib\u00e9ration forment le credo de cette nouvelle mani\u00e8re d\u2019envisager l\u2019encadrement et le pilotage des organisations.<\/p>\n<figure><iframe src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/47N4xoVSocw?wmode=transparent&amp;start=0\" width=\"440\" height=\"260\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/figure>\n<p>Ce \u00ab\u00a0management faible\u00a0\u00bb permet d\u2019entrevoir un espace pour les salari\u00e9s afin d\u2019\u00eatre davantage acteurs et donc moins spectateurs de leur propre activit\u00e9. L\u2019objectif est alors de m\u00e9nager des interstices et des \u00e9carts possibles pour que les individus puissent eux-m\u00eames d\u00e9finir leur r\u00f4le et investir subjectivement leur travail. En s\u2019appuyant sur la <em>phronesis<\/em> aristot\u00e9licienne, Ghislain Deslandes invite finalement les managers et les salari\u00e9s \u00e0 \u00ab\u00a0<a href=\"https:\/\/journals.sagepub.com\/doi\/10.1177\/0170840618789209\">renoncer \u00e0 la philosophie de l\u2019ob\u00e9issance<\/a> (aux r\u00e8gles, aux habitudes, m\u00eame aux sup\u00e9rieurs) au profit d\u2019une philosophie fond\u00e9e sur la responsabilit\u00e9\u00a0\u00bb.<\/p>\n<h2>Faire avec les moyens du bord<\/h2>\n<p>En r\u00e9ponse \u00e0 cette crise du management, une autre piste de r\u00e9flexion nous est offerte gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019armature conceptuelle d\u00e9velopp\u00e9e par l\u2019anthropologue fran\u00e7ais <a href=\"https:\/\/www.academie-francaise.fr\/les-immortels\/claude-levi-strauss\">Claude L\u00e9vi-Strauss<\/a>. C\u2019est en <a href=\"https:\/\/www.eyrolles.com\/Entreprise\/Livre\/moderniser-la-gestion-des-hommes-dans-l-entreprise-9782878806250\/\">2005<\/a> puis de mani\u00e8re plus approfondie en <a href=\"https:\/\/journals.sagepub.com\/doi\/abs\/10.1177\/0170840609347051?journalCode=ossa\">2010<\/a> que les professeurs <a href=\"https:\/\/www.grenoble-em.com\/annuaire\/raffi-duymedjian\">Raffi Duymedjian<\/a> et <a href=\"https:\/\/www.grenoble-em.com\/annuaire\/charles-clemens-ruling\">Charles-Clemens R\u00fcling<\/a> de Grenoble \u00c9cole de Management (GEM) lui ont emprunt\u00e9 la notion de \u00ab\u00a0bricolage\u00a0\u00bb pour l\u2019introduire dans le champ des \u00e9tudes organisationnelles.<\/p>\n<p>Pour rappel, c\u2019est dans <a href=\"https:\/\/www.librairie-gallimard.com\/livre\/9782266038164-la-pensee-sauvage-claude-levi-strauss\/\"><em>La pens\u00e9e sauvage<\/em><\/a> que L\u00e9vi-Strauss construit une opposition entre le bricoleur et l\u2019ing\u00e9nieur\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab\u00a0Une forme d\u2019activit\u00e9 subsiste parmi nous qui, sur le plan technique, permet assez bien de concevoir ce que, sur le plan de la sp\u00e9culation, put \u00eatre une science que nous pr\u00e9f\u00e9rons appeler \u201cpremi\u00e8re\u201d plut\u00f4t que primitive\u00a0: c\u2019est celle commun\u00e9ment d\u00e9sign\u00e9e par le terme de bricolage.\u00a0\u00bb<\/p><\/blockquote>\n<p>L\u00e9vi-Strauss parle ici de \u00ab\u00a0science premi\u00e8re\u00a0\u00bb pour d\u00e9signer le bricolage. Bricoler, c\u2019est rafistoler et cr\u00e9er \u00e0 partir de ce qu\u2019on a. Alors que le bricoleur proc\u00e8de \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019un ensemble fini, l\u2019ing\u00e9nieur peut sortir de cet ensemble\u00a0: il peut par exemple fabriquer une pi\u00e8ce qui lui manque. L\u2019ing\u00e9nieur va avoir une repr\u00e9sentation pr\u00e9alable de ce qu\u2019il veut et ensuite, il va chercher \u00e0 produire la r\u00e9alit\u00e9 qu\u2019il a pr\u00e9alablement d\u00e9finie.<\/p>\n<p>Pour le bricoleur, l\u2019identit\u00e9 des choses est \u00e9quivoque. Ici, un bout de ferraille et un b\u00e2ton en bois permettent de cr\u00e9er une lunette astronomique par exemple. Pour l\u2019ing\u00e9nieur, le projet pr\u00e9c\u00e8de les instruments alors que pour le bricoleur, le donn\u00e9 instrumental pr\u00e9c\u00e8de le projet\u00a0: il s\u2019agit d\u2019adapter le projet \u00e0 la mesure du donn\u00e9. Bricoler, c\u2019est finalement r\u00e9agencer les \u00e9l\u00e9ments mis \u00e0 disposition, c\u2019est faire avec les moyens du bord.<\/p>\n<h2>Hasards fortuits et fac\u00e9tieux<\/h2>\n<p>Le bricolage est \u00e9galement une notion qu\u2019on retrouve sous la plume du philosophe roumain <a href=\"https:\/\/www.franceculture.fr\/personne-emil-cioran.html\">\u00c9mil Cioran<\/a>. Dans les <a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/syllogismes-de-l-amertume--9782070324491.htm\"><em>Syllogismes de l\u2019amertume<\/em><\/a>, Cioran rappelle qu\u2019\u00ab\u00a0\u00eatre moderne, c\u2019est bricoler dans l\u2019incurable\u00a0\u00bb. Dans son dernier livre, <a href=\"https:\/\/www.babelio.com\/livres\/Cioran-Aveux-et-anathemes\/60872\"><em>Aveux et anath\u00e8mes<\/em><\/a>, il \u00e9crit cette phrase pleine d\u2019humour\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab\u00a0Apr\u00e8s tout, je n\u2019ai pas perdu mon temps, moi aussi je me suis tr\u00e9mouss\u00e9, comme tout un chacun, dans cet univers aberrant.\u00a0\u00bb<\/p><\/blockquote>\n<p>En somme, Cioran d\u00e9ambule dans l\u2019existence \u00ab\u00a0sans mobiles\u00a0\u00bb, sans autre raison qu\u2019un hasard fortuit et fac\u00e9tieux qui l\u2019a fait na\u00eetre. Cette c\u00e9l\u00e9bration du bricolage existentiel fait \u00e9cho aux errances et \u00e0 la vie de boh\u00e8me qu\u2019il m\u00e8ne lorsqu\u2019il arrive en France en 1937 pour pr\u00e9parer sa th\u00e8se de doctorat sur le philosophe <a href=\"https:\/\/www.larousse.fr\/encyclopedie\/personnage\/Henri_Bergson\/108486\">Henri Bergson<\/a>. Il vivote, vadrouille \u00ab\u00a0de bistrots en bordels\u00a0\u00bb, affectionne la compagnie des marginaux et des prostitu\u00e9es. On voit donc bien que derri\u00e8re chaque aphorisme, il est possible de retrouver des \u00ab\u00a0cicatraces\u00a0\u00bb de son v\u00e9cu.<\/p>\n<figure><iframe src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/Vh43xg_XZB4?wmode=transparent&amp;start=0\" width=\"440\" height=\"260\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/figure>\n<p>Chez Cioran, il y a finalement cette id\u00e9e de faire avec, de continuer \u00e0 vivre malgr\u00e9 l\u2019absurdit\u00e9 du monde ou plut\u00f4t de continuer \u00e0 \u00ab\u00a0se tr\u00e9mousser\u00a0\u00bb comme il aime \u00e0 le dire. Par cons\u00e9quent, il semble possible d\u2019\u00e9tablir des passerelles entre la notion l\u00e9vi-straussienne de bricolage, les propos de Cioran et l\u2019id\u00e9e d\u2019un management comme art de la d\u00e9brouille.<\/p>\n<h2>Manager dans un monde ordinaire<\/h2>\n<p>Proposons \u00e0 pr\u00e9sent quelques pistes pour penser un management mod\u00e9r\u00e9 qui refuse l\u2019emphase et la grandiloquence devenues end\u00e9miques dans les organisations. Sur ce point, les professeurs <a href=\"https:\/\/portal.research.lu.se\/en\/persons\/mats-alvesson\">Mats Alvesson<\/a> et <a href=\"http:\/\/www.yiannisgabriel.com\/\">Yiannis Gabriel<\/a> soulignent que les managers et les entreprises parlent de plus en plus des ph\u00e9nom\u00e8nes organisationnels du quotidien avec <a href=\"https:\/\/journals.sagepub.com\/doi\/10.1177\/1350507615618321\">exag\u00e9ration<\/a>. Le langage hyperbolique est devenu caract\u00e9ristique des discussions ordinaires au sein d\u2019organisations ordinaires faisant des choses ordinaires.<\/p>\n<p>Face \u00e0 cette tendance, le propos n\u2019est pas de r\u00e9inventer le management des hommes et des organisations dans un \u00e9lan r\u00e9volutionnaire mais de garder les pieds sur terre et de mieux faire les choses manag\u00e9riales. Il faut simplement se d\u00e9tacher de la grandiloquence et de cette vision d\u2019un manager omnipotent qui a r\u00e9ponse \u00e0 tout et qui trouve des solutions instantan\u00e9ment. Au mythe du manager thaumaturge, il s\u2019agit d\u2019opposer un management par des personnes \u00ab\u00a0sans qualit\u00e9\u00a0\u00bb amen\u00e9es \u00e0 se d\u00e9brouiller dans une hypermodernit\u00e9 difficile \u00e0 appr\u00e9hender. Dans ces conditions, le \u00ab\u00a0management faible\u00a0\u00bb, le bricolage et la d\u00e9brouille participent \u00e0 un lexique du management comme art de la mod\u00e9ration dans un monde ordinaire.<\/p>\n<p>Pour r\u00e9pondre aux d\u00e9fis pos\u00e9s par le \u00ab\u00a0malaise dans le management\u00a0\u00bb et par l\u2019absurdit\u00e9 v\u00e9cue par certains jeunes dipl\u00f4m\u00e9s en entreprise, il semble qu\u2019un \u00ab\u00a0<a href=\"https:\/\/www.livredepoche.com\/livre\/eloge-de-la-fadeur-9782253063797\">\u00e9loge de la fadeur<\/a>\u00a0\u00bb, du \u00ab\u00a0sage sans id\u00e9e\u00a0\u00bb, des \u00ab\u00a0<a href=\"https:\/\/www.grasset.fr\/livres\/les-transformations-silencieuses-9782246754213\">transformations silencieuses<\/a>\u00a0\u00bb, d\u2019un management oblique soit bien plus efficace qu\u2019une exaltation de la grandiloquence et de la toute-puissance des sciences de gestion. Cette c\u00e9l\u00e9bration de la d\u00e9brouille est finalement une fa\u00e7on de prendre du recul, d\u2019accepter notre finitude et de cesser de viser la perfection. Manager correctement, c\u2019est tout simplement faire dignement les choses.<!-- Ci-dessous se trouve le compteur de pages de The Conversation. Veuillez ne pas l'enlever. --><img data-opt-id=370329776  fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" style=\"border: none !important; box-shadow: none !important; margin: 0 !important; max-height: 1px !important; max-width: 1px !important; min-height: 1px !important; min-width: 1px !important; opacity: 0 !important; outline: none !important; padding: 0 !important;\" src=\"https:\/\/counter.theconversation.com\/content\/217242\/count.gif?distributor=republish-lightbox-basic\" alt=\"The Conversation\" width=\"1\" height=\"1\" \/><!-- Fin du code. 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